Mes carnets de tricot sur Ravelry sont toujours restés à moitié vides. Pas par manque de projets, j’ai pas mal tricoté ces dernières années. Simplement parce que remplir une fiche sur un écran n’a jamais été un moment que j’attendais avec plaisir.
Si vous vous reconnaissez, vous n’êtes pas seule, et ce n’est pas un défaut d’organisation. Un système de suivi ne tient pas parce qu’il est bien pensé. Il tient parce que vous avez envie de l’ouvrir.
Pour 2026, j’ai donc repris mon organisation tricot depuis le début, sur papier cette fois. À la fin de cet article, vous saurez quoi suivre, à quel rythme, et surtout comment choisir un support que vous garderez ouvert toute l’année plutôt qu’un de plus qui prend la poussière.
Vous préférez regarder plutôt que lire ? La vidéo ci-dessous montre mon carnet page par page, de la couverture au suivi du stash. Ou continuez la lecture, l’article est entièrement autonome.
Papier ou Ravelry, pourquoi mes carnets numériques restaient vides
Il existe Ravelry, et nous sommes nombreuses à y ranger nos projets. Dans bien des cas c’est l’outil le plus pratique, tout est centralisé et consultable partout. Mais si le geste de remplir la fiche vous coûte, vous ne le ferez pas, et vous vous retrouverez en décembre sans trace de la moitié de votre année.
Pour ma part, ce qui me met en mouvement c’est le papier. Choisir le crayon, écrire à la main, feuilleter. J’ai fini par arrêter de lutter contre ça et j’ai fait un carnet papier, en assumant que c’est un outil plaisir autant qu’un outil de suivi.
Voici le carnet que j’utilise cette année.

Ce que je note pour chaque projet, et ce que je laisse de côté
J’ai choisi un classeur A5 à anneaux, pour pouvoir ajouter, retirer et déplacer des fiches au fil de l’année. À l’intérieur, une fiche par projet, avec le nécessaire pour m’en souvenir plus tard. Le nom du modèle et sa créatrice, les dates de début et de fin, la taille tricotée, les fils utilisés, l’échantillon obtenu, et une appréciation une fois le projet fini.
Ces informations ne sont pas là pour faire joli. C’est ce qui me manque quand je veux retricoter un modèle deux ans après, ou comprendre pourquoi un pull tombe trop grand une fois lavé. La taille et l’échantillon notés côte à côte m’évitent de refaire deux fois la même erreur d’aisance. Encore faut-il que cet échantillon ait été mesuré dans les conditions réelles du projet, sinon la fiche garde une fausse information.
Voici à quoi ressemble une fiche remplie.

J’ai réparti les fiches en sections avec des intercalaires. Les projets terminés l’an dernier avec un bilan, les projets en cours, les projets que je termine au fil de 2026 avec mes intentions pour l’année. Je range de la fin vers le début, du passé vers le présent. Cette organisation n’est pas figée, elle bouge avec mes projets.
J’ai aussi prévu une version de fiche avec un rabat pour noter jusqu’à six fils. La fiche de base n’en prévoit que deux, et pour un projet en jacquard ça ne suffit pas.
Faire la paix avec ses encours
Comme beaucoup de tricoteuses, j’ai plusieurs encours. Certains datent de quelques semaines, un au moins remonte à 2023. Pendant longtemps, les regarder me mettait mal à l’aise.
Pour 2026, j’ai simplement listé ceux qui me venaient spontanément à l’esprit, sans aller fouiller tous les placards. Ceux qui remontent tout seuls sont sûrement ceux que j’ai encore envie de finir. Je les ai notés sur une fiche, avec leur date de début, et rien d’autre. Pas d’objectif, pas de date butoir.
Noter mes encours, ce n’est pas une promesse de tout finir. C’est juste une façon de les rendre visibles.
À côté, une fiche de suivi mensuel très simple. Combien de projets commencés, combien de projets terminés, mois par mois. Mon intention pour l’année n’est pas de tricoter moins, c’est de finir au moins autant de projets que j’en démarre. En fin d’année cette fiche me dira si je m’y suis tenue, là où ma mémoire me donne toujours une version un peu arrangée.
Mon stash, ce que je ne fais pas
Je le dis clairement, je ne fais pas l’inventaire de mon stash. Aucune envie de sortir toutes mes pelotes, de tout peser et de me fixer un nombre de grammes à tricoter dans l’année.
Ce que je suis, en revanche, c’est l’écart entre la laine que j’achète et la laine que je tricote, au fil des mois. Il y a quelques années je me suis rendu compte que j’achetais beaucoup plus que je n’avais le temps de tricoter, et ça a fini par me freiner, je n’avais plus vraiment de plaisir à ouvrir mes placards. Je ne me suis pas donné de limite chiffrée depuis, chacune a la sienne. Mais garder cet écart sous les yeux suffit à me faire acheter en conscience, sans me priver.
Le matériel que j’utilise
Voici ce que j’utilise pour créer et remplir mon carnet au quotidien. Ce ne sont pas des obligations, juste des repères si vous voulez reproduire une organisation similaire.
Le classeur A5
Un classeur au format A5 à anneaux, que je trouve pratique à manipuler et à faire évoluer dans le temps.
classeur Harris Tweed rose et violet *
Le papier
Pour l’impression des fiches, un papier plus épais que le papier d’imprimante classique. J’ai pris du Clairefontaine gamme Pollen, en 160 g, qui passe bien dans mon imprimante et sur lequel l’encre ne traverse pas.
papier Clairefontaine Pollen 160 g blanc *
Le reste
- une imprimante A4 classique
- une paire de ciseaux ou un cutter
- une perforatrice adaptée au format du classeur
- éventuellement des intercalaires, faits maison ou achetés
L’idée n’est pas d’avoir le matériel parfait, mais un carnet agréable à ouvrir et adapté à votre façon de tricoter.
S’organiser en tricot, à son rythme
Il n’y a pas une seule bonne façon de s’organiser en tricot. Ce que je décris ici, ce sont mes repères pour cette année, pas des règles universelles. Mon objectif n’est pas de tricoter moins ni d’arrêter de lancer des projets, juste d’y voir plus clair. Savoir où j’en suis, garder une trace, et profiter de chaque tricot.
Si vous voulez aller plus loin, le carnet de tricot rassemble les fiches projet, et deux packs complètent le suivi des encours et du stash pour celles qui tricotent beaucoup. Le carnet seul suffit à la plupart.
Et vous, qu’est-ce qui vous a fait lâcher votre dernier système de suivi. Le support qui ne vous plaisait pas, ou le moment de la journée où vous n’y pensiez jamais ?
A bientôt pour de nouvelles aventures créatives !
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