En 2015, mon congé maternité avait déjà commencé quand l’envie m’a prise de tricoter une couverture de naissance pour mon fils. Il me restait moins de six semaines avant le terme, et je n’avais pas tenu deux aiguilles depuis des années. Quelque part dans mes affaires traînait une écharpe commencée puis posée, comme presque tous les projets de tricot que je n’avais jamais menés au bout.
Il me fallait quelque chose de simple et de rapide. J’ai choisi une couverture, un côté tricot et un côté tissu. Deux semaines plus tard, à raison de deux heures par jour environ, le tricot était terminé. C’est le projet qui m’a fait oser me remettre au tricot pour de bon.
La voici, terminée.

Si vous voulez vous y mettre pour un bébé qui arrive, le vôtre ou celui d’une autre, et qu’un pull vous semble hors de portée, vous êtes au bon endroit. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seule à hésiter. À la fin de cet article, vous saurez si une couverture est le bon premier projet pour vous, avec quelle laine et quelle quantité la lancer, et comment la finir.
Ce qu’une couverture vous épargne quand vous débutez
Un premier projet échoue presque toujours pour l’une de deux raisons. Soit il demande une technique qu’on ne maîtrise pas encore et on se décourage, soit il dure assez longtemps pour qu’on s’en lasse et on l’abandonne. Une couverture écarte les deux d’un coup.
D’abord, il n’y a pas d’échantillon à faire. Un pull se tricote à une taille précise, donc il faut vérifier avant de commencer que dix centimètres de tricot contiennent le bon nombre de mailles. Cet essai s’appelle un échantillon, et quand on débute, on ne comprend souvent même pas le mot. Une couverture n’a pas de tour de poitrine à respecter. Quelques centimètres de plus ou de moins ne changent rien à son usage. Vous pouvez sauter cette étape sans conséquence, alors qu’avant un pull, l’échantillon reste indispensable.
Ensuite, il n’y a pas de forme. Rien à cintrer, aucune manche à séparer, aucune augmentation à placer au bon rang. Vous montez vos mailles, vous tricotez droit, vous rabattez. Les points restent basiques, le plus souvent de la maille endroit et de la maille envers.
Il y a aussi la motivation. Vous ne tricotez pas un rectangle pour le plaisir du rectangle, vous le tricotez pour un bébé. Il y a un visage au bout, et ça porte.
Enfin, une naissance fixe une date. Cette échéance, qui paraît stressante, est en réalité une alliée. Elle vous donne un cadre et vous empêche de repousser le projet jusqu’à l’oubli. J’ai déjà écrit sur les raisons pour lesquelles on abandonne un tricot, et l’absence d’échéance revient presque à chaque fois.
Une couverture de naissance reste un projet à taille raisonnable, autour de 65 à 80 cm de côté. Vous pouvez la faire un peu plus grande, mais je vous conseille de ne pas voir trop grand pour une première fois. Plus c’est long, plus le risque de se lasser monte, et tout l’intérêt est ici d’aller au bout.
Dans bien des cas, une couverture fait donc un bon premier projet. Mais si vous savez déjà que les rangs répétitifs vous lassent vite, un bonnet ou une paire de mitaines vous mènera peut-être plus sûrement à la fin.
Quelle laine et combien de pelotes pour une couverture bébé
Pour un premier projet, on part souvent sur une laine peu chère, et c’est un bon réflexe. Vous n’avez pas besoin d’un fil coûteux pour apprendre.
Une chose mérite quand même votre attention. En 2015, j’avais pris une laine acrylique épaisse, six pelotes, avec des aiguilles numéro 7. Ce que je ne savais pas encore, c’est que mon fils réagirait à l’acrylique. Pour ce qui va rester en contact avec la peau d’un nouveau-né, je vous conseille aujourd’hui une fibre naturelle douce, un coton par exemple, même en gamme d’entrée. Ça reste économique et c’est plus sûr.
Voici quelques repères selon le fil choisi.
| Ma couverture de 2015 | La couverture cube, en coton | |
|---|---|---|
| Fil | acrylique épais | coton, 90 m pour 50 g |
| Aiguilles | 7 mm | 4,5 mm |
| Dimensions finies | environ 60 cm de côté | 75 par 60 cm |
| Quantité | 6 pelotes | 6 pelotes de 50 g, soit 300 g |
| Temps | 2 semaines, 2 h par jour | 2 à 3 semaines |
Comptez autour de 300 à 500 g de fil selon son épaisseur. Prenez toujours une pelote de plus que le calcul théorique, une bordure ou un rabattage un peu justes se terminent mal.
Faut-il doubler la couverture avec du tissu
En 2015, j’ai cousu un tissu sur l’envers de mon tricot, un assemblage de carrés unis et d’un imprimé à étoiles. Ce n’est pas obligatoire, et beaucoup de couvertures s’en passent très bien. Dans certains cas, ça vaut quand même la peine.
Un motif en relief ou en jersey présente un envers moins net que l’endroit, et une doublure le cache. Elle rattrape aussi les finitions, car les fils rentrés à l’arrière ne sont pas toujours discrets quand on débute, et le tissu les recouvre. Elle donne enfin un peu de tenue à un tricot souple. Dans mon cas, avec l’acrylique et la sensibilité de mon fils, ce côté tissu a fini par être le plus utile de la couverture.

En échange, il faut coudre. Doubler une couverture demande de tailler un tissu aux bonnes dimensions et de le fixer à la main tout autour. Si vous n’avez jamais cousu, cette étape peut vous peser plus que le tricot. Tout dépend de ce que vous savez déjà faire. Si la couture ne vous fait pas peur, la doublure vous simplifie les finitions et masque les fils rentrés. Sinon, gardez en tête que l’envers d’une couverture non doublée se voit, et prenez votre temps sur le rabattage et sur les fils.
Si vous doublez, choisissez un coton fin, lavable comme votre tricot. Prévoyez les dimensions finies plus un centimètre ou deux sur chaque bord pour le rentré, épinglez le tissu sur l’envers, repliez les bords, et cousez tout autour au point coulé. C’est long mais sans difficulté, et ça se fait devant un film.
Et si c’était à refaire
Je ne changerais presque rien. La laine acrylique, je la remplacerais par un coton, maintenant que je sais. Le reste a fait exactement ce que j’attendais. J’ai terminé cette couverture, je l’ai donnée à mon fils, et je ne me suis plus arrêtée de tricoter depuis.
Un premier projet n’a qu’une chose à réussir. Aller jusqu’au bout.
Une couverture bébé vous épargne l’échantillon, la forme et les augmentations. Elle vous donne une échéance qui vous tient, et elle se termine sur un objet qu’on garde. Choisissez un fil moyen et doux, des aiguilles autour de 4,5 mm, une taille que vous ne redouterez pas, et lancez-vous.
Et vous, pour votre premier projet, qu’est-ce qui vous retient le plus, le choix de la laine ou la peur de ne pas aller au bout ?
A bientôt pour de nouvelles aventures créatives !



