Vous avez déjà craqué pour un patron… puis découvert qu’il était uniquement disponible en anglais ? Et là, vous l’avez refermé immédiatement.
Autant être honnête tout de suite : je suis bilingue depuis mes neuf ans. Je n’ai jamais refermé un patron à cause de la langue, et je serais malhonnête de vous raconter le contraire.
Ce que je connais, en revanche, c’est ce que vous m’écrivez. Et quand une tricoteuse me dit qu’elle bloque sur un patron anglais, ce n’est presque jamais un mot d’anglais qui coince. C’est une abréviation qu’elle n’a jamais croisée, ou une construction qu’elle n’a jamais faite. Ça change tout, parce que ça, ça se règle.
J’ai même fait l’expérience dans l’autre sens : quand j’ai traduit mes propres patrons en anglais, l’anglais n’était pas le problème. Ce sont les conventions du tricot anglophone qui m’ont demandé du travail — les abréviations, les arrondis de métrage, les mesures au quart de pouce. Le vocabulaire technique du tricot est un code fermé, pas une langue étrangère. Et un code, ça se déchiffre avec une antisèche.
J’ai préparé pour vous un lexique tricot anglais/français gratuit avec les mots et expressions les plus fréquents dans les patrons modernes.

Ce que vous trouverez dans le PDF :
- les abréviations les plus fréquentes,
- les actions de base (knit, purl, bind off…),
- les augmentations & diminutions,
- le vocabulaire des constructions,
- les expressions qui bloquent souvent,
- un schéma d’un pull top-down annoté en anglais.
Le tout dans un format A5 pratique à imprimer, compatible avec le carnet de tricot et facile à garder à côté de votre projet.
Pourquoi les patrons anglais paraissent si compliqués ?
La plupart du temps, ce n’est pas vraiment l’anglais qui pose problème.
Ce qui déstabilise surtout, c’est :
- les abréviations,
- les formulations condensées,
- et le fait de ne pas visualiser la construction du vêtement.
Mais en réalité, dans les patrons de tricot :
? les mêmes termes reviennent constamment.
Une fois que vous connaissez :
- k = knit,
- p = purl,
- pm = place marker,
- k2tog,
- ssk,
- etc.
… vous pouvez déjà comprendre une énorme partie d’un patron.
C’est exactement pour ça que j’ai créé ce lexique : pour rendre les patrons anglais beaucoup plus accessibles, même si vous n’êtes pas à l’aise en anglais.
Mes conseils pour réussir votre premier patron anglais
Voici six stratégies concrètes, à combiner selon votre situation, pour aborder un patron en anglais sereinement — et aller jusqu’au bout du projet.
1. Commencez par une construction que vous maîtrisez déjà
Si vous avez déjà une inconnue dans votre projet, n’en ajoutez pas une deuxième.
Quand vous tricotez un patron en anglais pour la première fois, la langue mobilise déjà une partie de votre attention — vous allez relire des phrases, vérifier des abréviations, hésiter sur une formulation. C’est normal et ça passe avec la pratique. Mais si la construction du pull vous est aussi inconnue, vous cumulez deux sources d’incertitude en même temps. C’est souvent là qu’on finit par abandonner.
Choisissez donc un premier patron anglais dont vous connaissez déjà la logique : raglan, empiècement circulaire, une construction que vous avez déjà faite en français. Vous saurez où vous allez, et la langue devient un simple détail à décoder plutôt qu’un obstacle de fond.
2. Votre meilleure ressource : le lexique tricot anglais/français
Avant de vous lancer, munissez-vous d’un lexique tricot anglais/français. C’est l’outil le plus efficace — et le plus sous-estimé.
Le vocabulaire technique du tricot est limité et répétitif. Les mêmes abréviations reviennent dans tous les patrons : k pour knit (endroit), p pour purl (envers), pm pour place marker (placer un marqueur), sl pour slip (glisser), k2tog pour tricoter 2 mailles ensemble… Une fois ces codes intégrés, vous pouvez déchiffrer l’essentiel d’un patron.
80 % d’un patron anglais, c’est toujours les mêmes abréviations. Une fois que vous les connaissez, le reste suit.
Imprimez le lexique, posez-le à côté de vous, consultez-le au fil de la lecture. Pas besoin de tout mémoriser d’un coup — au bout de quelques rangées, les termes les plus fréquents deviennent naturels.

3. Privilégiez un patron disponible dans les deux langues
De plus en plus de designers publient leurs patrons en français et en anglais. C’est un raccourci précieux, surtout pour vos premiers essais : tricotez avec la version anglaise pour vous familiariser avec le vocabulaire, et gardez la version française sous la main pour vérifier en cas de doute sur une instruction.
Ce n’est pas tricher. C’est être stratégique. Vous êtes là pour tricoter un beau pull, pas pour passer un examen. Et avec cette méthode, vous progressez vraiment : au fil des projets, vous aurez besoin de consulter la version française de moins en moins souvent.
4. Quand le patron n’existe qu’en anglais : commencez par un gratuit
Commencez par chercher un patron gratuit. La raison est simple : quand on se lance dans quelque chose de nouveau, il peut arriver de bloquer, de poser le projet un moment, de décider de revenir dessus plus tard. Si vous avez payé le patron, cette hésitation génère une pression inutile.
Avec un patron gratuit, vous enlevez ce risque. Et la laine ? Elle se réutilise toujours pour un autre projet. Rien n’est perdu.
Avec un patron gratuit, vous vous autorisez à essayer sans enjeu. Et c’est souvent exactement ce qu’il faut pour oser.
5. Utilisez un traducteur — mais avec méthode
Google Traduction ou un autre outil peuvent vous aider sur les passages qui résistent. Mais évitez de traduire le patron en entier : vous perdriez tout le bénéfice de l’exercice, et la traduction automatique d’un long document technique peut perdre des nuances importantes.
La bonne approche : lisez en anglais, tricotez en anglais, et n’ouvrez le traducteur que sur le passage précis qui pose problème, au moment où il pose problème.
Traduisez le passage qui résiste, au moment où il résiste — pas le patron en entier.
Avec le lexique à portée de main, vous aurez souvent la réponse avant même d’en avoir besoin.
6. Trouvez une tricopine pour les moments de blocage
Il y a des situations que ni le lexique ni le traducteur ne résolvent complètement : vous lisez une instruction, vous comprenez les mots individuellement, mais vous ne voyez pas ce que vous êtes censée faire avec vos aiguilles. C’est typiquement le genre de blocage qu’un regard humain résout en deux phrases.
Une tricopine qui a tricoté le même patron comprend exactement de quoi vous parlez — elle a peut-être eu le même blocage. Dans un salon tricot ou un groupe en ligne, une question précise (nom du patron, passage concerné, votre interprétation) suffit souvent à débloquer la situation rapidement.
Vous n’êtes pas seule dans cette aventure. C’est peut-être ça, la stratégie la plus efficace de toutes.
En résumé — votre méthode en 6 étapes
Reprenons. Six stratégies, mais elles disent toutes la même chose : ne cumulez pas les inconnues. Une construction que vous connaissez, une antisèche à côté de vous, un patron gratuit pour vous autoriser à abandonner sans regret. La langue devient alors ce qu’elle est vraiment — un détail à décoder, pas un obstacle de fond.
Le lexique est à télécharger juste ici, en A5, à imprimer et à poser à côté de votre projet. Ne cherchez pas à le mémoriser : au bout de quelques rangs, les termes les plus fréquents rentrent tout seuls.
Et vous, qu’est-ce qui vous a fait reculer la dernière fois : les abréviations, ou le fait de ne pas visualiser la construction ?
Je vous souhaite un bon tricot et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures créatives !




