Vous tricotez l’empiècement de votre pull, le motif jacquard monte bien, et vous remarquez que le tissu ondule un peu. Vous vous dites que le blocage arrangera ça à la fin, comme d’habitude.

Ce léger gondolage n’est pas un défaut de votre tricot, et vous n’êtes pas la seule à repousser la vérification à la toute fin. C’est même le réflexe le plus courant, alors qu’un blocage intermédiaire, fait bien plus tôt, change tout. Le problème n’est pas le blocage lui-même, c’est le moment où vous le faites.

À la fin de cet article, vous saurez à quel moment vérifier la tension de votre jacquard, et comment bloquer un empiècement qui est encore sur vos aiguilles.

Est-ce que le blocage rattrape un jacquard qui gondole ?

Le blocage détend les mailles, égalise les points un peu serrés et aplatit un jacquard légèrement irrégulier. Sur un empiècement qui a quelques vaguelettes sans plus, il fait un vrai travail de lissage.

Mais il ne redresse pas un jacquard qui gondole vraiment. Quand le tissu forme des vagues marquées, la cause est mécanique. Vos flottants, ces brins de laine qui passent d’une zone de couleur à l’autre au dos du travail, sont trop courts pour laisser le tricot reprendre sa largeur naturelle. L’eau et le séchage à plat n’ajoutent pas de longueur à un flottant. Ce qui est trop court le reste.

Le blocage lisse un jacquard un peu irrégulier. Il ne redresse pas un jacquard qui gondole vraiment.

C’est pour ça qu’un blocage de fin, une fois le pull terminé, ne vous apprend rien que vous puissiez encore corriger. Il vous confirme seulement ce que vous auriez pu voir des semaines plus tôt.

Et l’échantillon ne vous met pas à l’abri. Même un carré de jacquard bloqué et mesuré ne se comporte pas comme un empiècement entier tricoté en rond, avec ses dizaines de centimètres de circonférence et ses changements de couleur à chaque rang.

Pourquoi j’ai arrêté d’attendre la fin du pull

Un empiècement d’adulte, c’est une à deux semaines de tricot pour moi, en tricotant un peu chaque jour. Et l’empiècement n’est que le début. Une fois le corps et les manches ajoutés, comptez au moins le double.

Si vous continuez à tricoter un pull dont l’empiècement gondole nettement, vous investissez toutes ces heures dans un vêtement que le blocage ne pourra pas sauver. Le pull sera fini, mais il gondolera encore. Il finira au fond d’un placard, ou détricoté bien plus tard, à un stade où reprendre coûte beaucoup plus cher qu’au moment de l’empiècement.

Le bon moment pour vérifier se situe avant la séparation des manches et du corps. Tant que tout est encore sur une seule aiguille circulaire, l’empiècement s’étale à plat facilement et vous pouvez encore agir. Vous pouvez même le faire avant les rangs raccourcis de l’empiècement, c’est un peu plus simple parce que le tricot est encore parfaitement symétrique à ce stade.

Comment je bloque un empiècement encore sur les aiguilles

L’idée est de dégager assez de longueur pour étaler l’empiècement bien à plat, sans faire tomber les mailles.

Je fais d’abord glisser toutes les mailles sur un câble plus long que celui qui me sert à tricoter. En temps normal, je rallonge mon câble en vissant deux câbles d’aiguilles circulaires bout à bout. Le jour de la vidéo, je n’avais pas de câble assez long sous la main, alors j’ai utilisé une corde d’attente en plastique de chez Katia. Je n’étais pas certaine que ce soit son usage prévu, mais en enfilant le bout d’une aiguille dedans pour guider les mailles, le transfert s’est fait sans accroc.

Une fois toutes les mailles sur le câble ou la corde, je sécurise les deux extrémités pour être sûre que rien ne s’échappe, puis j’étale l’empiècement et je tire doucement dessus pour qu’il se mette à plat.

Ensuite, blocage classique. Je fais tremper l’empiècement 10 à 15 minutes dans une bassine d’eau à température ambiante, le temps que la fibre soit vraiment imbibée. J’essore sans tordre, puis je pose l’empiècement à plat sur un tapis de blocage, sans le tirer pour l’agrandir, juste pour le laisser dans sa forme naturelle.

Vous pouvez voir le transfert des mailles et la mise à plat dans la vidéo, c’est plus parlant en mouvement la première fois.

Préblocage du jacquard : contrôler sa tension avant de continuer
Préblocage du jacquard : contrôler sa tension avant de continuer
Alice Gerfault
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En vérifiant à ce moment, vous repartez sur le corps de votre pull en sachant que la tension est bonne. Si l’empiècement se met bien à plat, vous continuez l’esprit tranquille. S’il gondole, vous l’avez vu quand il était encore temps d’y remédier.

Le blocage lisse les petites irrégularités, il ne rattrape pas un jacquard qui gondole. Vérifiez donc la tension de votre empiècement avant la séparation des manches et du corps, en le bloquant seul, sur un câble ou une corde assez longue pour l’étaler à plat. Vous saurez tout de suite si vous pouvez continuer sereinement.

→ Pour aller plus loin sur ce sujet : Comment réussir la séparation manches et corps de votre pull tricoté en rond

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Et vous, à quel moment vérifiez-vous la tension de votre jacquard aujourd’hui, au moment de l’empiècement ou seulement une fois le pull terminé ?

A bientôt pour de nouvelles aventures créatives !